PÉRIMÈTRES RIZICOLES DES FEMMES DE SINTHIANG NDIOBO (GOUDOMP) Cultiver pour se nourrir 

Read Time:4 Minute, 16 Second

Après l’hivernage, place à la récolte de différentes variétés culturales par les paysans dans le monde rural. À Goudomp, malgré le manque de moyens, les femmes qui s’activent dans les différents périmètres agricoles sont déjà en plein moisson. Immersion dans les rizières du village de Sinthiang Ndiobo, dans la commune de Baghère, à presque plus de 70 km de Goudomp.

De Kaour à Goudomp commune en passant par le village de Sinthiang Ndiobo, c’est une succession de femmes, le dos courbé sous un soleil d’étuve, travaillant inlassablement dans les périmètres rizicoles de ces zones qui s’offre aux yeux. Quand on s’éloigne de ces champs, c’est l’image de femmes unies et s’entraidant qui nous suit. Après avoir travaillé inlassablement la terre durant plus de trois mois, elles sont dans la phase de récolte. Elles se lèvent à l’aube, s’occupent de leurs tâches domestiques avant de se diriger vers les périmètres rizicoles où elles passent toute la journée, exténuées. Un cycle quotidien qui ne leur ôte cependant pas le sourire ni la joie de vivre. En cette matinée, sept dames d’âge différent sont dans le périmètre rizicole de leur voisine Safiatou, la plus jeune d’entre elles. À cette heure de la journée, le soleil fixe gracieusement ses rayons dans les rizières de Sinthiang Ndiobo, un village situé à plus de 70 km de la capitale départementale, Goudomp. Elles rangent en tas les grains de riz. C’est le travail le moins pénible de la phase de culture. Safi, la benjamine, tout sourire, s’essuyant machinalement le visage, accueille ses « grandes sœurs » dans son périmètre. Chaque jour, le groupe de femmes se retrouve dans le champ de l’une ou d’entre elles pour s’entraider. « Si nous ne procédons pas de la sorte, nous ne terminerons pas la récolte, dès lors que tout se fait de façon manuelle », a révélé celle qui est de tour, montrant ses mains affectées par la rigueur du travail. Chacune d’elles a un lopin de terre. Leur seule méthode reste l’entraide pour faire face à cette pénible tâche. Elles déversent le riz enlevé des épis dans des bassines et des sacs en jute. Toutes en pagne bien noué et en teeshirt, elles travaillent sans répit. Leur méthode, confie Safi, est la meilleure puisqu’elles ne disposent d’aucun matériel moderne. La cinquantaine, Wouleymatou Baldé a un tas de riz sur le pan de son tee-shirt. Quand celui-ci recevra une bonne quantité, elle dépose sa moisson dans une bassine posée dans un coin de cet espace champêtre. La brave dame révèle qu’elles sont là depuis le début de l’hivernage, des premières pluies jusqu’à aujourd’hui.

Travail manuel

Évoquant leur difficile quotidien, elle confie que tout se fait de façon manuelle. « Nous ne bénéficions même pas d’engrais. Nous utilisons de l’engrais traditionnel », s’est-elle désolée. Pour faire face à ce boulot exténuant, ces femmes font régner une ambiance bon enfant souvent agrémentée par une belle chanson sortie d’une voix mélodieuse. Aucune d’entre elles n’est en mesure de dire le nombre d’hectares qu’elles possèdent. « Nous ne faisons pas de mesure. Ce qui est sûr, chacune d’entre nous connait les limites de son périmètre. Nous n’avons pas ça en tête », a lancé la quinquagénaire. La rigueur de la vie se sent sur leur visage, mais elles tiennent bon. Cela ne les empêche pas de sourire, de rire et de se faire des blagues grivoises comme seules les femmes savent en distiller. « Nous sommes venues aider Safi. Chacune d’entre nous à son « faro » (périmètre rizicole en peul). Si on le fait en solo, nous ne pourrions pas terminer le travail et la fatigue nous épuiserait », confie Wouleymatou, la voisine de Safiatou. Une

autre des sept dames, Hawa Kandé, s’invite dans la discussion après avoir déversé un tas de riz dans une bassine. Hawa a laissé à la maison un mari malade. Mais, elle ne peut rester les bras croisés. C’est avec cette récolte qu’elle assure le quotidien de sa famille pour quelques mois. « Quand on termine la récolte, on enlève une partie qui nous servira de semences l’année prochaine », informe Dioutala. Elle poursuit qu’elles utilisent le riz pour les trois repas du jour. Selon elle, ce n’est pas parce qu’elles aiment ça, mais elles n’ont pas le choix. Une de ces braves dames du nom de Sikel lance un plaidoyer à l’État du Sénégal. « Nous avons besoin de machines et des semences pour mieux cultiver », a-t-elle plaidé. Ces femmes n’ont pas manqué de révéler que les populations du monde rural sont en train de perdre beaucoup de leurs terres. Cela s’explique par la spéculation foncière, avec la complicité des maires. Elles risquent, demain, de ne même pas avoir ces poches de terres pour cultiver. Après la crise casamançaise qui a été un handicap pour ces braves dames, elles se

retrouvent, aujourd’hui, à subir le phénomène d’accaparement des terres. (Soleil)

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Kaolack : La scission au sein de l’association des Boutiquiers détaillants du Sénégal
Next post Mondial 2022 au Qatar : Le Sénégal, premier pays africain qualifié