Kaccor : vivre

Ce pays n’est pas seulement une somme de paradoxes, il recèle également les germes de flagrantes incongruités. Mais pourquoi donc tout ce tintamarre ? L’heure n’est-elle pas au travail face à une jeunesse déboussolée que des esprits bienpensants présentent comme suicidaire ? Le mot de trop ? Bien entendu, ces jeunes gens suicidaires n’ont pas les mêmes problèmes existentiels que ces messieurs et dames à la vie bien veloutée et qui rotent pendant que d’autres cherchent de quoi se mettre sous la dent. Des messieurs et dames qui mènent une vie pépère sans savoir rien faire de leurs mains puisque ayant tout à leur service, même pour ouvrir des portes. C’est dit ! Les portes de l’enfer seront ouvertes à nos desperados qui seront brûlés dans la géhenne. En plus d’avoir vécu l’enfer sur terre, bien sûr. S’ils meurent en mer, tant pis, ils n’avaient qu’à rester au pays et subir. Subir les pesanteurs socioculturelles, subir le regard du voisin. Subir la misère alors qu’on est bardé de diplômes. Il nous faut porter un autre regard sur ces jeunes gens qui ne se suicident pas mais rêvent tout simplement d’une vie meilleure que celle de chiens qu’ils mènent à crever la dalle dans un pays où tous les horizons sont bouchés. Ils veulent vivre et retrouver une dignité qu’on leur dénie dans leur propre pays. Exister. Tout simplement !

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