Commune de Ndioum : Splendeurs et misères

Si  la commune de Ndioum se singularise par ses potentialités agricoles avec notamment  la culture de la tomate, de l’oignon et son riz local dont  elle se nourrit, elle traine des maux qui ont comme noms : insécurité et  chômage. Malgré tout, cette commune nichée au cœur du Fouta déploie un joli paysage avec de sommaires maisons qui côtoient d’autres en étages. Réalisations d’immigrés et autres cadres de ce vieux bourg. Reportage

En ce lundi  06 mars, la commune de Ndioum  s’est réveillée  par une journée maussade surtout  pour  le visiteur  peu habitué à ce climat. Malgré le soleil qui  brûle la tête, les habitants de cette commune ne semblent pas s’en faire de l’hostilité de la température, habitués qu’ils sont par ce temps peu clément. Le thermomètre  toise les 40°. A Ndioum, ce lundi  06 mars est un jour spécial.  Il est spécial parce que c’est en ce premier jour de la semaine que se tient le marché hebdomadaire.  L’autre particularité  de ce jour, c’est que Ndioum s’apprêtait  à accueillir  le chef de l’Etat. Un hôte de marque  à qui certains habitants dont les acteurs politiques, tenaient à réserver un accueil des plus chaleureux comme le veut et le recommande la tradition.  Et ce lundi, ce fut l’effervescence dans cette commune. Un jour de fête. Ce qui n’empêche cependant pas le marché hebdomadaire de suivre son cours comme tous les lundis.  Et à Ndioum ce qui  constitue l’attraction, c’est son  marché de légumes avec  la tomate, l’oignon et de l’autre  côté, le riz local  qui y est très coté.

 Ndioum, c’est aussi  son marché de bétail (Daarral). Bref, le marché est bien fourni en ce  lundi. Les échanges entre vendeurs et consommateurs  rythment  la vie de ce  lieu de transactions. L’arrivée du Président de la République  dans ce hameau  n’est pourtant pas à l’ordre du jour pour certains habitués de ce marché. Leur justification est d’une simplicité déroutante. La vie est chère et leur préoccupation majeure est d’avoir de quoi  joindre les deux bouts pour survivre dans un environnement où rien n’est acquis sans une âpre lutte. Cependant, ces commerçants saluent certains efforts des autorités comme  la route bien faite et qui ne souffre d’aucune dégradation.  Ce qui participe à leur faciliter les transactions et d’amener leurs marchandises d’un lieu à un autre et en gagnant en temps horaire.

Insécurité de la zone

Vêtu d’un bonnet aux  couleurs  bleu et blanc, M. Mbengue est confortablement  installé  sous sa tente  qui fait office  de cantine. Vendeur de vêtements, il discute  avec une demoiselle venue s’approvisionner. « Dans ce louma, on y vend  du tout et le lundi constitue un jour spécial. Le marché est ainsi rythmé presque  tous les lundis et  cela n’a rien à voir avec la venue du Président de la République. Je m’en sors bien, même s’il arrive parfois que  la situation soit difficile comme c’est souvent le cas dans toutes activités commerciales », explique le commerçant. Le sexagénaire,   qui connait ce marché pour y avoir passé de longues années, soutient  que le riz local est bien apprécié dans cette zone. « On ne consomme presque  plus le riz importé, c’est même un luxe que  d’en consommer. On entend souvent les gens dire que ce riz local est plein de cailloux  ou qu’il est difficile à cuire.  Ce qui ne reflète pas  la réalité. Le riz local que nous consommons  à Ndioum est plus facile à préparer que celui importé. Et en plus, il est propre. C’est pourquoi, cela ne  m’inquiète pas  que les gens le préfèrent au riz importé », indique-t-il.

Autre problème dans ce marché et plus principalement à Ndioum,  l’insécurité qui y règne en maitresse. « Le grand problème  de Ndioum, c’est son manque de sécurité. Nous vivons dans l’insécurité. Il y a de cela deux mois, des personnes  ont été sauvagement tuées par des individus qui n’ont toujours pas été arrêtés  par la gendarmerie. Il faudra que cette question de l’insécurité  soit  rapidement réglée. Ndioum  ne peut  se développer dans des conditions où sa population vit dans la crainte », soutient-il. A  ses côtés, un homme qui a requis l’anonymat abonde dans le même sens.  Juste que le bonhomme en met une couche qui ternit l’image de marque de la maréchaussée «  Si l’insécurité prévaut dans cette commune, c’est parce que les gendarmes ne font pas correctement leur travail. Ils sont plus préoccupés  par des actions d’éclats    que de traquer des délinquants.  Il y  a des sujets tabous que l’on ne peut pas évoquer, mais au niveau de la gendarmerie, il y a beaucoup à faire. Surtout que la principale cause de ce  banditisme s’explique par le manque d’emploi », renseigne le  vieil homme qui ne voudrait pas que son nom soit dévoilé.

Manque d’emploi et chômage endémique  des jeunes et des adultes

A quelques mètres de la tente  de Mbengue,  quatre hommes  tiennent une petite  discussion. Ibrahima Diaw est le plus prolixe. Sa voix est beaucoup plus audible et convainc mieux que  celle de ses compagnons. Vêtu d’un tee-shirt blanc et d’un jean bleu et chaussé  de sandales qui couvrent  mal ses pieds poussiéreux à cause de l’effet du vent,  il soutient sans ciller que les jeunes de Ndioum sont sans emploi et mènent une vie précaire. « Il faut oser le dire, ici les gens n’ont pas de travail. Ils évoluent tous dans l’informel avec de petits métiers. Le régime  en place n’a absolument rien fait en termes de création d’emplois dans cette zone. Il faut faire le tour de la commune  pour se rendre compte du chômage endémique des jeunes ».  A en croire les habitants de Ndioum, le  seul travail dont disposent certains jeunes issus de la commune, c’est un emploi aléatoire  au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) dont le Directeur est un ressortissant de la commune. Des jeunes qui y sont pour la plupart des contractuels ou stagiaires.  Quant au Directeur du Coud, M. Anne,  ses parents Hal Pular soutiennent qu’il ne peut revendiquer  aucune action en termes d’investissement ou de création d’emplois autres que celles qu’il offre à quelques ressortissant de la commune. Ainsi,  certains  pointent  du doigt les autorités qui ne  font rien pour le développement de leur  région d’origine et qui ne descendent sur le terrain qu’en périodes de consultations électorales    avant de disparaitre. « Ce que ces autorités racontent au Chef de l’Etat et ce que les gens vivent,  c’est comme le ciel et la terre. Ici la vie est loin d’être rose. Car,  nous sommes confrontés  à des difficultés pour joindre les deux bouts à cause de ce manque d’emploi », confie  Ibrahima Diaw. Ce dernier, très volubile  en paroles,  revient sur le dernier passage  du ministre Moustapha Diop. « Les femmes  ne travaillent pas. Moustapha Diop est venu ici en annonçant 300 millions pour elles. Je vous le dis, cette mobilisation faite avec des bus venus d’ailleurs, ce n’est pas la population de Ndioum. Et puis, cet argent c’est comme un coup d’épée dans l’eau. Ca ne leur servira à tenir aucun projet bancal. C’est de la poudre aux yeux. Il faut que les gens posent des actes concrets  et arrêtent de faire  du saupoudrage comme toujours avec la politique politicienne. La vie des femmes est restée la même. Personne n’a vu la couleur de l’argent dont parle le ministre et ces 300 millions pourraient changer le visage de la commune », soutient-il. Et pendant qu’il énumère ces maux, ses amis acquiescent. Le vieux Seydou, la soixantaine révolue, ajoute quelques mots pour conforter les dires du quadra. « La plupart des jeunes disposent  des Jakarta et des charrettes pour  leurs activités. Ces Jakarta, tout le monde le sait,  sont devenus les moyens de subsistance d’une jeunesse déboussolée. Et c’est presque ainsi dans toutes les régions du pays. Ceci est la preuve que les autorités sénégalaises sont loin de réussir leurs promesses d’emplois ».  

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Ces jeunes conducteurs  font même vivre la commune  à travers les taxes  qu’ils sont obligés de payer quitte à voir leurs motos immobilisées« Ce qui me désole le plus, ce sont les taxes qu’on fait payer aux  jeunes qui ne gagnent que des miettes avec cette activité », déplore  le vieux en remuant la tête en signe de désolation.  Sur l’asphalte, Samba Lam,  l’air chétif, teint clair, bâton en main  est  assis sur sa charrette. Il  redresse son âne  pour traverser la route. « Je suis cultivateur, parfois je m’investis dans cette  activité pour aider ma maman dans les travaux. Elle est   marchande de légumes. Je me lève le matin pour transporter  ses bagages au marché et m’occuper ensuite de mon business. Personnellement, je n’ai jamais reçu de financement pour mes travaux champêtres et je n’en ai pas non plus sollicité », explique le jeune homme. Interpelé sur le manque d’infrastructures et surtout le chômage chronique  des jeunes, le conseiller municipal, Mahamad Ndiaye,  consent à ne se prononcer que sur le manque d’infrastructures tout en soulignant  que Ndioum a beaucoup progressé dans ce domaine. «  Nous avions deux préoccupations majeures  à Ndioum, c’était l’électricité et l’assainissement. Et aujourd’hui, à part l’assainissement, l’électricité est disponible, la zone est bien éclairée.  Quant à assainissement, nous sommes sur la bonne voie », martèle-t-il avant de poursuivre son chemin.  Le chômage semble être, hélas, la question qui fâche et indispose.

77 thoughts on “Commune de Ndioum : Splendeurs et misères

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