7 mois dans le Balantacounda, Terre hospitalière

7 mois dans le Balantacounda, Terre hospitalière

Quand on me fit la proposition d’être le correspondant du « Soleil » à Goudomp, je n’ai pas hésité… Goudomp, c’est mon environnement. Celui de ma ville natale, Kolda. Rien ne les différencie. C’était aussi l’occasion de fuir le rythme infernal de la capitale. Dakar avec sa pollution, ses embouteillages, ses maisons où l’on suffoque. Une ville où l’on vit sous une forte pression. Elle est physique, morale, intellectuelle. J’ai sauté sur l’occasion sans tergiverser. Merci, Yaxam !!
Je me suis ainsi retrouvé dans le Balantacounda. Plus précisément à Goudomp. La vie que j’y mène et celle de Kolda vers les débuts des années 2000 ou un peu avant cela. Quand ma région était dépourvue de tout. Entre-temps, le Fouladou a connu quelques progrès. A Goudomp, j’ai été bien accueilli par mes premiers « ndiatigui ». C’est-à-dire la famille Cissé. Des gens d’une exquise urbanité et d’une ouverture sans réserve. J’ai habité ainsi à Hamdallahi. L’un des quartiers de Goudomp les plus célèbres surtout pour leur unité. Ils tirent tous dans la même direction. Ils sont tous parents, se respectent et s’entraident. J’ai vécu avec cette famille dans la plus grande hospitalité. Dans le quartier, j’y ai connu un homme qui est devenu un de mes meilleurs amis. Il est peintre. J’ai nommé Youssou Sadio. Quel homme! Un décomplexé qui aime beaucoup sa localité. Un amoureux du foot, mais qui n’a jamais joué au ballon lol. Il aime aussi la politique.  « You play », comme on l’appelle amicalement dans Goudomp, est d’une générosité légendaire. Il m’a fait aimer sa localité. Je prends mes repas très souvent chez lui. Les jeunes du quartier aussi sont formidables. Ils me vouent un immense respect que j’essaie de leur rendre. Même après avoir quitté le quartier pour un autre, c’est-à-dire « Santassou », après mon travail, je  file à Hamdallahi. Je ne peux rester deux jours sans y aller. C’est mon quartier.
Pour mes débuts, j’avais cru que le travail serait difficile à accomplir. Les raisons en sont toutes simples. Pas trop d’activités comme à Dakar. Mais en faisant le tour de Goudomp, inspectant les lieux et rencontrant les autorités et les populations. Allant à la découverte de certains villages, j’ai compris que Goudomp constitue un nid d’informations. C’est le lieu adéquat pour de bons reportages. Me mettre à l’épreuve dans ce genre rédactionnel. Celui que l’on dit le plus noble. La collaboration a été bonne. Il m’arrivait de débarquer dans une localité sans aviser. Le maire, dès qu’on lui annonçait ma visite, me recevait sans protocole. C’était le même accueil avec les populations. Goudomp, c’est également ces braves dames qui sont dans les rizières. Celles qui se lèvent à l’aube pour se rendre au marché du poisson. Celles qui s’occupent du foyer. Celles qui vendent des fruits aux abords du marché, dans les garages et au niveau des arrêts sur la route nationale, guettant les passagers. Goudomp, c’est également ses hommes et ses jeunes déterminés à voir leur ville changer de visage.
Bien entendu, on se heurte à la pauvreté ambiante. Ses rustiques maisons, ses routes dégradées, son déficit en infrastructures (pas d’aires de jeux à part les terrains de foot). Malgré ces manquements, les Goudompois restent des gens dignes. Humbles et décomplexés. Il ne faut pas oublier que dans cette ville, la cohabitation entre les Balantes, Mandingues, Peuls, Wolofs, Mancagnes, Manjakes, Diola etc., est des meilleures. Ils vivent dans une parfaite harmonie. Goudomp, c’est aussi le « cœur » de l’économie Casamançaise. Mais, sa forêt dense est menacée à cause de l’anacarde.
Goudomp, je t’aime ! …Batiol naga!

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